Schneider Electric a fait sa révolution sociale. Voici comment

Article publié dans Petit Web, 21/01/13

Qui ?

Louis-Pierre Guillaume, Directeur du Knowledge Management de Schneider Electric.

Quoi ?

Un avant goût de la conférence Entreprise 2.0, organisée par Bjorn Negelmann, qui se tient les 20 et 21 mars prochains au cercle des armées. Avec Areva, Axa et Geodis, Schneider est la plus avancée des grandes entreprises 2.0.

Comment ?

Louis Pierre Guillaume a exposé la révolution de fonds opérée par Schneider Electric. Est ce l’effet de cette avant-gardisme ? « Schneider Electric est la société française avec laquelle toutes les start-up que je rencontre rêvent de travailler » nous expliquait il y a une semaine Frédéric Tardy. Schneider Electric était présente dans les canons et l’acier. Aujourd’hui, ce groupe mondial de 150 000 personnes est spécialisé dans le service autour de l’énergie électrique.

Le programme d’entreprise

En janvier 2012, le projet « Connect » a été poussé par la direction. Il s’agissait de faire le lien entre le travail virtuel et le travail réel et de former des communautés pour renforcer l’intelligence collective. En janvier 2013, l’entreprise se donne les moyens de ses ambitions : « pour secouer le management, on lui a fait peur. Nous avons fait venir l’ancien patron de Nokia qui a expliqué comment la société n’avait pas vu venir l’iPhone, et l’ex patron de Borders, qui racontait la même histoire, mais versant iPad, dans le domaine de la distribution de produits culturels. Il fallait que les managers comprennent qu’ils ne géraient plus de PNL. Ils devenaient moins managers que bâtisseurs. Il fallait qu’ils prennent des risques ».

Les communautés comme vecteur du changement

L’instrument du changement : des communautés pour transformer le business par le partage de connaissance horizontal entre différents métiers. L’objet des réseaux sociaux n’est pas de mettre en relation des gens avec des documents, mais aussi de mettre en relation des personnes avec des objets métiers et des processus. « On peut ainsi travailler autour d’une proposition commerciale, en réseau, ou encore qualifier une demande de note de frais, ou encore discuter avec un comptable. » L’entraide mutuelle est le vecteur de la transformation. L’outil permet ainsi d’interagir autour de contrats de clients ou de projets et devient l’outil principal du management. « Cette vision va être mise en place cette année. Pour convaincre de sa rentabilité, Louis Pierre Guillaume passe beaucoup de temps à suivre les success stories du réseau social interne. « Une dizaine en six mois, quatre de plus en octobre. »

Le coup de pouce du ComEx

« Les gens ont l’habitude de collaborer avec des gens qu’ils connaissant, il fallait apprendre à collaborer avec des personnes avec qui on a des liens faibles : ceux qui connaissent des gens qu’on connait ou qui partagent les mêmes intérêts. » Pour casser les silos, il fallait a complicité des RH, des SI et de la stratégie de l’innovation. Chaque membre du ComEx s’est engagé à aider les nouveaux leaders à animer des communautés. Ce programme a été inclus dans le projet d’entreprise. « Du coup, un correspondant a été nommé dans les business de l’entreprise. Le rêve, pour un knowledge manager, dont le quotidien est souvent de pousser son boulet seul dans son coin ». 10 personnes ont donc été nommées pour promouvoir le programme. « Nous avons du coup été submergés par des demandes de managers voulant créer leurs communautés. Nous leur avons expliqué que le process n’était pas top-down. Ce n’était pas eux les chefs. les gens ne viendraient que s’ils y trouvaient de l’intérêt. Il fallait donc établir une charte ». Aujourd’hui Schneider Electric compte une vingtaine de communautés, autour de 15 projets et 30 groupes. Le tout mobilise 10 000 à 12 000 personnes. En janvier 2013, pour accélérer le mouvement, 3000 personnes ont été désignées pour accélérer le développement de l’outil de collaboration.

« Nous n’avons pas voulu déployer un outil mais des bonnes pratiques. Il fallait utiliser l’outil comme but, pas comme moyen ». Le service IT a développé un outil interne, un peu semblable à Yammer, avec des sous-groupes. mais de nombreux autres outils fonctionnent également, comme SharePoint, Lotus. Progressivement, tout cela va être remplacé par Tibbr de la société Tibco.

[Note: en 2016, Yammer a remplacé Tibbr]

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