Comment manager des équipes multiculturelles et multisites ? 

Alors que de nombreuses organisations sont confrontées au défi de gérer des équipes multiculturelles et multisites, nous vous proposons des pistes de réflexion, voire des bonnes pratiques, pour optimiser ces différentes facettes (culture, motivation, facilitation, communication…)

Aujourd’hui, lorsque vous indiquez à un futur manager que son travail devra être en partie réalisé à distance, il comprend automatiquement qu’il aura 2 à 3 jours de travail réalisés en home office. Il y a 10 ans, cette même phrase aurait signifié pour ce manager de devoir gérer des équipes situées sur différents sites d’un territoire national ou international.

Vous l’avez compris, nous constatons un changement de définition de la notion de “multisites”. Désormais on ne considère plus le multisites exclusivement comme plusieurs sites de travail au sein d’une même entité, mais comme une multitude de tiers lieux adaptés aux envies et contraintes personnelles et professionnelles des managers et collaborateurs.

Un certain nombre de suggestions ont été proposées par les chercheurs pour aider les membres d’une équipe à surmonter les problèmes qui peuvent survenir dans la communication multiculturelle. Nous en retiendrons quatre :

1 Accepter les différences culturelles

L’un des principaux problèmes auxquels sont confrontées les équipes multiculturelles est que les membres de l’équipe ne sont généralement pas conscients de leurs propres valeurs culturelles (celles de leur pays, leur organisation, leur profession, leur famille…).

Une stratégie efficace consiste à organiser une séance d’orientation culturelle au début et à laisser les membres de l’équipe apprendre à se connaître. Le partage de cas réels ou les jeux de rôle pour améliorer l’empathie peuvent être utilisés efficacement pour informer les membres de l’équipe et les sensibiliser aux problèmes potentiels.

2 Favoriser la motivation 

La motivation est un autre aspect important de la communication multiculturelle. Quelque chose qui motive une personne au sein de sa culture n’est pas forcément la même que celle qui motive une autre personne d’une autre culture. Par exemple, certaines cultures ont tendance à étudier et à apprendre en groupe plutôt que de travailler seul.

La confiance, élément important de la motivation, concerne non seulement les membres de l’équipe, mais aussi les outils collaboratifs. La communication électronique peut entraîner une diminution de la confiance et un comportement moins coopératif au sein des équipes.

Nous suggérons de favoriser les réunions en face à face (par exemple, les événements de lancement), d’encourager la communication informelle entre les membres du groupe, de les former aux usages collaboratifs et de promouvoir une gestion constructive des conflits.

3 Facilitation à l’intérieur de l’équipe virtuelle et le rôle du facilitateur

La collaboration entre les membres de la l’équipe virtuelle (EV) ne se développe pas automatiquement. Le manager, facilitateur ou coach de l’équipe multiculturelle à un rôle essentiel.

L’animation d’une équipe requiert un ensemble de compétences particulières que les leaders d’équipe peuvent développer grâce à une formation appropriée. La formation doit porter sur les points suivants : session de constitution d’équipe en face à face avant le lancement de l’EV, maîtrise des technologies d’EV, compétences en communication et gestion d’équipe. Les leaders d’EV doivent également fournir un retour d’information régulier et constructif aux équipes.

4 Gérer les communications

Dans un environnement de travail virtuel collaboratif, la communication et l’interaction sont les facteurs clés de succès. Mais, dans des contextes interculturels, il n’est pas toujours correct de supposer que plus de communication et d’interaction sont mieux que moins. Pour créer un environnement de collaboration efficace, la structure de l’équipe, les modèles et les modalités de communication doivent être efficaces et compatibles les uns avec les autres.

Lorsqu’il s’agit de communication et d’interaction, les membres de l’équipe d’équipe doivent être particulièrement sensibles aux différences culturelles en matière de styles de communication, par exemple, qui doit initier les commentaires ou les questions, qui doit modérer, la mesure dans laquelle un désaccord ou un débat est attendu, qui doit décider de mettre fin à une ligne de communication, quel niveau de formalité est considéré comme acceptable, etc.

En outre, dans un tel environnement de collaboration multiculturelle, l’anglais est souvent utilisé comme langue de communication, ce qui peut entraîner des difficultés de communication au sein des équipes. Si l’anglais n’est pas la langue maternelle d’un groupe, les autres membres doivent être informés des limites possibles de la situation. Enfin, en règle générale, les équipes doivent éviter d’utiliser de l’argot ou d’autres termes spécifiques à la culture.

Louis-Pierre Guillaume

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